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Mythologie

Les terres légendaires, 1e partie

La terre des héros est un monde peuplé des descendants des héros issus de plusieurs civilisations. Le thème du livre reprend non seulement le topos du monde après la mort, mais également celui de la terre légendaire. Ces mondes se retrouvent dans plusieurs mythologies et cultures à travers le temps et continue encore aujourd’hui de faire rêver autant en fantasy qu’en science-fiction. À croire que le mythe de l’explorateur qui se perd et découvre un univers totalement différent a encore de beaux jours devant lui.

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représentation artistique de l’Atlantide (artiste inconnu)

Si on se contente de la littérature, on observe un grand panel de possibilité pour atteindre les terres légendaires et oubliées : la navigation (Odyssée, Vie de Saint-Brendan…), la marche (Livres des Merveilles, Voyage au centre de la Terre, Le monde perdu… ), ou encore le vol (Les horizons perdus) ou même le voyage dans le temps (La machine à explorer le temps, Laureline et Valérian…) et j’en passe. Le plus souvent, ces mondes légendaires sont issus d’une méconnaissance de la géographie et de l’extrapolation de données culturelles, voire religieuses. En voici une présentation :

Les mythes issus de l’Antiquité :

Commençons par la plus évidente :

l’Atlantide.

Elle apparaît pour la première fois dans Timée et Critias, deux dialogues de Platon (360 av. J.-C.). Il raconte qu’il tient de Solon (via Dropide) qui lui-même le tient des Égyptiens, l’existence autrefois d’une ile située au-delà des colonnes d’Hercule (détroit de Gibraltar). Cette terre était autonome et communiquait avec un autre continent au-delà de la mer. L’ile est réputée pour son avancée culturelle, notamment politique et philosophique, et ses terres fertiles et idylliques (géothermie, pâturages, rivières et lacs…). Poséidon y aurait déposé ses fils, dont l’ainé s’appelle Atlas, ce qui fit que l’île fut nommée Atlantide et l’océan l’Atlantique. C’est finalement l’activité sismique, suivie d’un tsunami, qui a eu raison de ce monde utopique.

Le mythe de l’Atlantide a par la suite été repris par les auteurs grecs, en particulier pour son exemplarité afin de l’opposer à Athènes. Depuis, beaucoup s’y sont intéressés, et encore aujourd’hui, les historiens ne sont pas d’accord sur la localisation réelle de l’Atlantide, qu’ils placent en priorité dans les Açores ou à Santorin (mais bien d’autres hypothèses courent toujours).

Hyperborée :

Cette mythique région nous vient des Grecs qui la situaient au Nord, là où le jour pouvait durer six mois. Il s’agit d’une grande vallée au climat doux entourée de monts enneigés difficilement franchissables. Elle parfois située en Scandinavie, parfois en Islande ou plus au sud par d’autres (Scythie). La paix qui règne entre les hommes, les terres fertiles et la grande longévité de ses hommes font de cette terre un véritable paradis, protégé pendant six mois par Apollon. On y retrouve des créatures mythiques comme des griffons. Cette terre est mentionnée dans plusieurs mythes (Phaéton, Léto, les Argonautes…) et semble liée au culte d’Apollon.

Dans les textes plus tardifs, notamment le Livre des Invasions de l’Irlande, on associe les Fomors aux Hyperboréens (entre autres…).

Hawaiki : 

Les Polynésiens se sont dispersés et ont colonisé les îles par vagues successives durant plusieurs siècles. Ils ont fondé plusieurs peuples, mais des racines communes se retrouvent, notamment dans la langue (proto-polynésien). Dans les religions polynésiennes, le lien avec les ancêtres est important. Cela explique le développement du mythe d’Hawaiki, l’île originelle, vers laquelle l’âme des défunts revient. Celle-ci s’enfonçait dans la mer ce qui explique l’exode de ses habitants.
Je m’en suis inspirée pour les Vaïks.

 

Les Enfers :

J’ai déjà parlé des Enfers précédemment (voir ici). On retrouve beaucoup de descriptions différentes et parfois contradictoires. Parfois, le passage se fait par une grotte ou un accès souterrain, parfois au-delà de l’Océan. Ils se composent de plusieurs régions destinées à accueillir les défunts selon leur valeur, leur type de mort ou bien leurs châtiments. Il est difficile de présenter une géographie définie, car elle dépend beaucoup de la période de la source utilisée. Le mythe s’est étoffé et complexifié. Les Enfers d’Homère sont différents de ceux de Virgile puis de Dante.

Les motifs celtiques et médiévaux

L’île d’Avalon :

Après sa blessure mortelle, le roi Arthur aurait été envoyé sur l’île d’Avalon pour être veillé par Morgane jusqu’à un retour futur providentiel pour sauver l’Angleterre. Les lieux sont réputés pour être isolés et brumeux, ce qui alimenta l’hypothèse qui identifie le site de Glastonbury comme étant Avalon. Ajoutons la trouvaille d’une tombe contenant un couple et des inscriptions nommant Arthur et Guenièvre. Cependant, le besoin d’organiser un pèlerinage pour le monastère local et celui du roi Henri II de se présenter comme descendant d’Arthur rend cette découverte sujette à caution. Aujourd’hui encore, on ne sait pas grand-chose au sujet de la figure historique qui se cacher derrière le mythe.

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Avalon, image issue de la série Merlin

 

L’île d’Ys :

La christianisation du mythe rend difficile la recherche de la version originale. Le récit d’origine celte est très populaire en Bretagne. On retrouve le motif courant de la femme-fée, issue de l’Autre monde qui provoque la submersion et la mort. Dans la version chrétienne, la princesse Dahut, grande séductrice et païenne, ouvre les vannes après s’être laissée convaincre par son amant, ou le diable. Les habitants auraient prié ardemment d’être sauvés. On raconte que l’on entend encore les cloches de l’église.

 

Kitej :

Il s’agit d’une version russe de la cité d’Ys. Au XIIIe siècle, l’armée mongole se retrouve devant une cité sans murailles. La faiblesse de la cité les incite à attaquer, mais les habitants prient avec ferveur et se repentent de leurs péchés. Aussitôt, de l’eau jaillit et recouvre la cité. On raconte que seuls les cœurs purs trouveront le chemin, et les plus pieux peuvent voir les feux des processions.

Rendez-vous le mois prochain pour la suite

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