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Ma chère Louise

Ma chère Louise – Extrait

En ce Onze Novembre, je voulais vous faire découvrir un extrait de mon roman  » Ma chère Louise ».

Voici donc l’ouverture du livre:

Jamais Guillaume n’aurait pensé que la boue pouvait avoir cette odeur. Si on lui avait demandé, deux ans plus tôt, ce que sentait la terre humide, il aurait sans doute répondu l’herbe fraîche ou la poussière tombée au sol. Comme l’air après les pluies d’été. Les relents qui lui parvenaient maintenant étaient bien loin de ce souvenir. Non, ce qui envahissait l’atmosphère aujourd’hui était un mélange écœurant de sang, de la putréfaction des camarades à quelques mètres seulement, et de la poudre. Il y avait bien les émanations des cigares que les soldats fumaient pour cacher celles de l’horreur et de la mort, ou bien peut-être pour ne plus rien sentir du tout. Guillaume les détestait aussi, elles lui rappelaient son père et leurs incessantes disputes, dont la plus terrible, qui lui avait tellement coûté. Alors, il ferma les yeux et se concentra. Il essaya de retrouver dans les tréfonds de sa mémoire les fragrances de l’aspérule. Ces fleurs séchées lui évoquaient toujours ces petits sachets que Louise glissait dans les tiroirs de linge. Ce souvenir était vital. Il lui permettait de s’éloigner un moment des tranchées, et de revenir, quelques années plus tôt, dans cette jolie demeure des environs de Pontarlier.

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