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Mes lectures

Chronique des Testaments de Margaret Atwood

Je l’attendais avec impatience, et voici ce que le père Noël a déposé sous mon sapin. Voici mon retour sur la suite de Servante écarlate que j’avais chroniqué ici. Tout d’abord, je suis une grande fan de la série qui a le don de me mettre en colère, de trembler pour les personnages et surtout pleurer (n’est-ce pas Alexis Brendel). En tant que femme, et surtout en tant que maman, l’histoire de Defred me touche beaucoup.

Résumé :

Le livre se déroule 15 ans après La servante écarlate, dont je vous avais fait la chronique ici. Gilead (Galaad dans le livre), tient toujours debout et son régime théocratique et totalitaire a malheureusement encore de beaux jours devant lui. À travers le témoignage de trois femmes, nous en découvrons davantage sur le fonctionnement et le passé du régime. Chacune (une tante, une Canadienne et une enfant de Gilead) découvre la pourriture qui gangrène cette société et commence à remettre en question le système.

 

  1. Un univers enrichi

J’avais lu le livre La servante écarlate pour mieux comprendre l’univers de Gilead. J’ai toujours été particulièrement intriguée par l’installation des régimes totalitaires, avec toujours ces questions : quel est le point de bascule ? À partir de quand faut-il réagir avant qu’il ne soit trop tard ?

La servante écarlate m’avait (légèrement) déçue sur ce point, car le livre ne répondait pas à mes attentes. J’ai donc été enchantée de voir que le tome 2 m’apportait plus d’indications. À travers l’histoire de la tante, on voit comment les femmes ont été forcées à suivre ou mourir. On la voit se transformer en monstre pour sa propre survie. C’est édifiant.

Le livre s’enrichit d’une classe supplémentaire : les Perles, qui ne sont rien d’autre que des missionnaires qui font du porte-à-porte dans les autres pays pour tenter de recruter de nouveaux adeptes avec leur fascicule du genre « Dieu t’aime ».

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« Bonjour, vous connaissez Jésus ? »

 

 

Là où La servante écarlate ne montrait finalement que l’intimité d’une maison, et le rôle des servantes, ce tome nous en apprend davantage sur Ardua Hall, le centre de formation des tantes. Avec Agnès, on comprend comment les enfants sont éduqués à Gilead, et les jeunes filles mariées. Enfin, Daisy, au Canada, nous en apprend plus sur la vision extérieure de Gilead et du réseau de résistance Mayday.

 

 

  1. Un style différent

Au niveau du style, Les Testaments sont presque le contraire de Servante écarlate. Là où le premier n’apportait que le point de vue de Defred, apportait beaucoup d’introspection dans un rythme assez lent, avec un narrateur qui essayait de ne pas faire de vague, dans Les Testaments, Margaret Atwood fait tout le contraire. On garde l’idée de témoignages, mais les trois personnages ont leur caractère propre. Les filles sont un peu rebelles, en pleine crise d’adolescence et parviennent à s’affirmer, tandis que la tante est manipulatrice. Les personnages agissent, là où Defred tentait de se faire toute petite.

Le rythme est aussi plus soutenu et il y a beaucoup plus de suspens. Margaret Atwood adore couper là où il faut pour susciter l’intérêt. J’avoue, j’ai été happée par le livre.

 

  1. Le respect de la série

Ce qui m’a surprise, c’est que Margaret Atwood tient compte de la série, et place l’action suffisamment loin (15 ans plus tard), pour lui laisser de l’amplitude pour les saisons suivantes. Dès le début, on entend parler de « bébé Nicole » et d’une purge au sein de l’élite de Gilead. Les prénoms donnés par la série aux personnages sont respectés (hormis June, jamais nommée).

 

 

  1. Une fin un peu facile cependant

Je n’ai qu’un bémol, c’est l’intrigue. Si jamais reproché au tome précédent son manque d’espoir, c’est le contraire dans Les Testaments.

Le personnage de Daisy m’énerve (une ado tête à claques), et s’en sort un peu trop bien vue les énormes bourdes qu’elle fait. J’aurai aimé une fin un peu plus en nuances, un peu plus dramatique.

J’ai aussi très vite décelé les ficelles de l’intrigue. J’avais compris presque dès le début quels rôles les personnages auraient à jouer, du coup, l’effet de surprise n’a pas pris et il aurait pu être mis plus tôt.

 

En dehors ce bémol, je dois dire que j’ai passé un bon moment et que j’ai dévoré ce livre. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été prise par un livre, et ça m’a fait du bien. Encore une fois, Margaret Atwood joue avec la psychologie de ses personnages et nous montre la pourriture de Gilead. Une scène m’a particulièrement marquée et mise mal à l’aise.

 

Je sors contente de ma lecture, et je pense que je vais me pencher sur les autres livres de l’autrice.

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