Présentation

10 ans d’édition !

Le 16 mai 2016, je publiais mon premier roman : La Terre des héros, tome 1, Héritage. Le début d’une longue aventure remplie de hauts et de bas. Un voyage dans le monde de l’édition :

De l’autoédition à autrice hybride

  • Des tentatives d’éditions à la signature de contrats.

Mes relations avec l’édition traditionnelle ont fait les montagnes russes. Mon premier éditeur n’a plus donné de nouvelles juste après la signature. J’ai eu beaucoup de chances de pouvoir rapidement recouvrer mes droits, sans perte d’argent, puisque le livre n’est jamais paru. Je l’ai donc sorti une première fois en autoédition.

Par la suite, j’ai eu d’autres éditeurs. J’ai signé en 2019 avec Nisha et Cætera, et puis avec Nouvelles Plumes, Mondes Futuristes et City, en ce qui concerne les romans. J’ai quitté Nouvelles Plumes suite à sa liquidation, et Mondes Futuristes parce que je ne me retrouvais pas dans le nouveau fonctionnement. Aujourd’hui, je suis toujours avec Nisha et City. J’ai également signé chez des éditeurs pour des nouvelles : Évidence Éditions (fermée), Hélice Hélas, Kadaline (en restructuration) et La Maison rose.

Fonctionner avec un éditeur me permet d’atteindre davantage de monde, d’être présente en librairie et, surtout, de ne pas avoir à débourser pour publier mon roman (correction, couverture, distribution). Je suis aussi contente de constater que mes trois derniers contrats m’ont permis de recevoir un à-valoir (une avance sur les ventes).

  • L’autoédition en parallèle

La Terre des héros a fait donc deux allers-retours en maison d’édition, avant que je comprenne que je me débrouillais mieux par moi-même, en tout cas à cette échelle (après si une énorme maison veut le reprendre et en faire le prochain best-seller adapté en série, je suis preneuse). Aujourd’hui, je choisis à qui je soumets mon manuscrit, car je sais ce que j’attends d’un éditeur sur tel ou tel projet. Par exemple, Rien que toi et moi (et nos filles), n’a pratiquement pas été soumis, car je voyais bien ce livre en autoédition, et je savais exactement ce que je voulais comme couverture. Le Crépuscule de l’aigle est aussi en autoédition après quelques soumissions, car je savais que la période traitée n’attire pas les éditeurs, alors que c’est précisément ce qui plait au lectorat. A contrario, Le vent des secrets se prête parfaitement à l’édition traditionnelle. Bref, je suis une autrice hybride.

                           

  • Est-ce que j’en vis ?

Non.

Pendant dix ans, j’ai vu mon chiffre d’affaires grimper, mais mes dépenses également (les frais de fourniture, de déplacement, les stocks qui augmentent…). Ma grande fierté, c’est d’être bénéficiaire sur cette période, avec seulement une année en négatif (saleté de covid), même si les années ne sont pas toujours égales. Mais soyons honnêtes, ça ne me permet pas de vivre, encore moins en Suisse, où le cout de la vie est nettement plus (trop) élevé et où il y a peu de salons comparativement à la France. Certes, je n’ai pas l’Ursaff, mais j’ai également moins d’aides (sécurité sociale, subventions, etc.). C’est pour cela que je travaille à temps partiel à côté. Ce mois-ci, j’ai repris une activité salariée à un petit pourcentage : je suis bibliothécaire. Un choix qui me permet de sortir de la maison et du stress de la rentabilité.
Certes, certaines de mes collègues y arrivent, à condition de sortir plusieurs livres par an et de diversifier ses activités (correction, bêta-lecteur, coaching…). Ce n’est pas mon mode de fonctionnement (voir plus bas).

Je ne laisse pas tomber. L’écriture reste mon occupation principale en termes d’heures. Évidemment, si je pouvais vivre de ma plume, ce serait génial, mais durant dix ans, j’ai eu la chance de faire ce qui me plaisait, de me donner une vraie chance de concrétiser mon rêve d’écrire. Cette organisation m’a aussi permis d’être présente pour mes enfants et, si ce n’était pas l’objectif initial (j’étais habituée à l’idée de travailler à temps plein), j’ai vraiment aimé cette possibilité d’être là. C’est un choix qui correspond également à la réalité culturelle (et pratique) du pays. Le choix d’un temps partiel est donc idéal pour allier les deux impératifs.

 

  • Parfois, je ne joue pas le jeu.

Je vais être honnête, il y a des choix que j’ai faits, qui vont à contrecourant de ce qu’il faudrait, ou de ce qui se fait.

  1. Je n’applique pas les stratégies de mes collègues, comme offrir des box, des goodies ou faire de campagnes ulule. Peut-être qu’un jour, je me lancerai en vue d’une sortie en autoédition, qui sait ?
  1. Ma boutique n’est pas mon principal point de vente. L’envoi en France coute aussi de l’argent, ce qui ne me permet pas de faire de ma boutique le point de vente principal. Si les lecteurs suisses commandent sur mon site, cela se passe autrement pour l’international. C’est pourquoi je passe par BOD qui s’occupe de l’impression et de la distribution.
  1. J’écris lentement. Comme dit, je mets presque 18 mois (parfois plus) pour écrire un roman. Je fais beaucoup de recherches historiques et sociologiques pour construire mon histoire, voire mon monde. Je sors donc un livre tous les 2 ans environ, là où d’autres en sortent un tous les six mois. J’ai fini par accepter mon rythme et je ne veux surtout pas me forcer à être plus rapide : cela ne me correspond pas. Comme je le dis, je fais un marathon, pas un sprint. Cela a donc pour conséquence de manquer de nouveauté en salon.
  1. Je vis en Suisse. Et cela impacte de plusieurs façons mon travail. Dans un premier temps, je dois prendre en compte certains frais élevés, comme ceux de ports et de douanes. S’ajoutent également ceux des déplacements si je vais en France. Enfin, le cout de la vie douche assez vite les espoirs de vivre de sa plume. Autre difficulté : j’écris sur l’histoire de France, en vivant dans un autre pays. Là, je me tire une balle dans le pied. Si j’ancre mes romans dans le territoire bourguignon, le fait que je n’y vive pas n’aide pas. Les journaux bourguignons et les librairies relaient moins (voire pas) l’information, car ils ne peuvent pas jouer la carte de l’autrice locale. Néanmoins, j’ai grandi dans cette région riche en histoire et ma formation est plus axée sur l’histoire de France. C’est là que j’ai donc besoin d’éditeurs français pour prendre le relais.
  1. J’ai encore du mal avec les réseaux sociaux. Je n’ai pas des milliers de followers sur Instagram. Je ne poste pas une story par jour, je ne suis pas en détail ce que fait l’algorithme. Bravo à celles et ceux qui le font, moi, j’ai encore du mal. J’y vais à mon rythme et selon mon inspiration. Et surtout, je n’ai pas envie que la communication me prenne la majeure partie de mon temps. Quant à TikTok, je ne suis aucune stratégie. Je poste quand j’ai une idée ou envie. Je repousse aussi la mise en place de ma Newsletter, il va vraiment falloir que je m’y mette. Je ne suis pas à l’aise pour « réseauter ». En fait, je n’ai jamais été très douée pour ça. Je n’ose pas déranger, je me sens « petite » par rapport aux grands et j’aime quand la rencontre se fait naturellement.

Mais vous savez quoi ? Je l’ai accepté. C’est mon fonctionnement, c’est comme ça.

Le bilan de ces années :

  • Ma chère Louise, mon best-seller

Mon roman Ma chère Louise reste mon best-seller, et de très loin. Il faut dire qu’il a été porté par France Loisirs pendant deux ans, dont une année de confinement. La formule d’envoi à domicile lui a été très bénéfique. Malheureusement, l’aventure a été coupée dans son élan avec la fin de la maison d’éditions Nouvelles Plumes. Si je l’ai sorti en autoédition, il est difficile d’avoir une aussi bonne diffusion.

  • La Terre des héros, mon 2e best-seller

Même au bout de 10 ans, la Terre des héros reste le livre qui se vend le mieux. Il faut dire que je fais beaucoup de salon de fantasy, cela aide sans doute. À ce jour, ce sont plus de 1070 exemplaires qui sont partis pour le tome 1, avec des années plus prolifiques que d’autres. Les débuts ont été timides, parce que je n’avais qu’un seul livre et que je faisais moins de salons.

  • Mon bilan humain

Plus que financier, je pense que mon bilan humain est le plus à retenir. Personnellement, j’ai appris à accepter, à embrasser et à valoriser mon hypersensibilité. Quand je reçois des avis de lecteurs et lectrices qui ont été touchés par mon histoire, je suis fière de ce trait, pas toujours facile à apprivoiser. J’ai aussi fait beaucoup de rencontres entre les lecteurs, mais aussi les auteurs. Une communauté d’auteurs et d’autrices dont je partage une sensibilité, une vision du monde poétique et une volonté de parler du monde avec nos mots, nos frustrations et nos rêves.

  • Et mes rêves dans tout ça ?

Ces dix années ont largement dépassé mes attentes. Neuf livres d’écrits, plusieurs nouvelles, un prix, un concours gagné, trois adaptations en livre audio, une adaptation en musique de mon texte… Je n’avais pas rêvé à tout ça au départ. Je me souviens de ma première année avec ces 50 exemplaires vendus, ça me paraissait déjà énorme.

Je regarde aussi devant, et j’ai des rêves dont certains franchement trop grands pour être réalistes :

– signer dans une très grosse maison d’édition parisienne (genre Gallimard)

– gagner un prix prestigieux ou une médaille (ne me jugez pas).

– être invitée dans les salons du livre (et pouvoir venir avec juste ma valise).

– voir son livre adapté en film ou en série.

– avoir un livre traduit dans plusieurs langues.

Et surtout merci

Merci à vous de vous être intéressés à mes romans, de les avoir lus et d’avoir partagé vos avis.

Merci de suivre ce blog et mes réseaux.

Merci pour ces rencontres magiques et émouvantes. À cette lectrice tout intimidée qui a trainé ses parents dans tout le salon de Colmar pour me dire qu’elle était fan avec une petite voix émue (j’étais tout autant émue). À ces personnes qui me confient leur histoire quand je raconte celle de « Rien que toi et moi (et nos filles) » : des papas solos, des mamans solos et des mamans qui sont parties. Ça me touche tellement que vous osiez vous confier. À ce lecteur qui m’a offert un cadeau pour me remercier de donner une voix au passé.

MERCI.

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