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Avis de lecture: Lever de soleil sur la moisson, de Suzanne Collins

Ce mois-ci, j’ai sauté sur le dernier Hunger Games, en super fan que je suis. Au départ, je voulais attendre un peu, mais les réseaux sociaux ont commencé à me divulgâcher des éléments, j’ai préféré donc le dévorer avant d’en savoir trop. Dévorer, c’est le mot puisqu’il ne m’a pas fallu longtemps pour en venir à bout :

Lever de soleil sur la moisson se déroule lors des 50e Hunger Games. 40 ans donc, après La ballade du serpent et de l’oiseau chanteur (tome 4), et 24 ans avant le 1e Hunger Games.

50e, cela signifie donc les jeux de l’Expiation. Tous les 25 ans, les Hunger Games deviennent une édition spéciale. Pour celle-ci, ce ne sont pas 2 tributs par district qui sont livrés, mais 4. Le double de participants donc. Et parmi eux se trouve un certain Haymitch Abernathy du district 12.

  • Un suspens malgré la fin connue

La victoire d’Haymitch n’est pas une surprise, puisqu’il est le mentor de Katniss et un personnage central de la trilogie Hunger Games. Dans l’Embrasement (tome 2), on apprend comment il devient le vainqueur, en utilisant le champ de force de l’arène. On connait donc la fin avant même d’avoir commencé le livre. Et pourtant, j’ai été happée par la lecture.

Dans ce tome, Suzanne Collins reprend la structure narrative tripartite de la Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur : l’avant, les jeux, et le retour dans le district. En fait, c’est bien là que réside le suspens : qu’advient-il de la famille et de la petite amie d’Haymitch ? Une épée de Damoclès plane sur eux, et on espère jusqu’au dernier moment qu’elle ne s’abattra pas.

Car dans ce tome on découvre un Haymitch bien plus rebelle qu’on ne le croit. Il est décidé à ne pas laisser le Capitole « peindre une affiche avec son sang », c’est-à-dire jouer avec lui et se servir de lui. Non, Haymitch, menacé par Snow, ne croit pas à sa survie dans l’arène. Il n’a donc plus rien à perdre et peut jouer les rebelles, plus ou moins discrètement. Sauf qu’en réalité, il a encore à perdre.

  • Un personnage qu’on ne connait pas si bien

Dans les tomes 1, 2 et 3, Haymitch est dépressif et alcoolique. Il n’envoie pas du rêve et agace même Katniss, qui a besoin de s’entourer de battants. On se souvient à quel point elle est dure avec sa mère qui a sombré après la mort de son père. Pourtant, Haymitch n’est pas absent. Il sait être un mentor efficace et se révèle être un fidèle allié pour Katniss et Peeta. On devine que son état est dû au traumatisme des Hunger Games. Acerbe, il n’hésite pas à secouer Katniss avec son franc-parler. C’est justement son authenticité qui le rend appréciable du lecteur.

Dans ce tome 5, on découvre le Haymitch d’avant. Il est autant différent que familier. Il aime profondément sa copine, une Covey, a des amis et ne consomme pas d’alcool. Pourtant, il est un peu rebelle, n’hésite pas à contredire les pacificateurs pour sauver sa copine et se construit un personnage de provocateur égoïste. En apparence.

  • La propagande

S’il y a bien un message à retenir de ce tome, c’est bien que, peu importe vos actions, ce que l’on retiendra de vous est ce que la propagande voudra bien montrer. Tous les efforts d’Haymitch sont réduits à néant. C’est une demi-surprise en réalité parce que le roman est un entre-deux. Elle est bien en place : avec les sélections des plans, le tournage de séquence émotion que Plutarch maitrise si bien.

  • Un entre-deux

Si le tome 4 montrait des jeux en perte de popularité et un manque de moyen de la part du Capitole, ils ont pris du panache sous la présidence de Snow. Les Jeux sont plus modernes et mieux équipés que dans le tome 4 : les tributs ont un appartement, un train plus confortable, les arènes sont plus sophistiquées, le système des mentors et des parachutes ressemble au 1. L’image transmise et le scénario montré prennent de l’importance.

Mon avis

Mon bémol sur ce roman provient de son statut d’entre-deux. Je ne suis jamais très fan des histoires qui doivent faire le pont entre deux, surtout s’il n’a pas été prévu de longue date par l’auteur. L’histoire se retrouve bloquée entre deux blocs fixes, ce qui empêche de lui donner une grande puissance. Je trouve que ce tome le montre bien. Si Haymitch et une poignée de rebelles veulent faire changer les choses, on sait d’avance que cela ne fonctionnera pas avant les tomes 2 et 3. C’est délicat pour deux raisons :

  • Ça amenuise l’enjeu des actions d’Haymitch.
  • Ça diminue l’impact de Katniss en donnant l’impression qu’elle n’est qu’un pion et non l’étincelle.

Se pose aussi la question des têtes connues. On retrouve plusieurs personnages du tome 2, et j’avoue que j’ai levé les yeux au ciel en lisant ça. Cela dit, cela reste atténué et cohérent finalement.

J’aurais aimé voir Tigris. Comme dit dans mon avis lecture du tome 4, ce personnage me fascine. J’aimerais comprendre comment elle passe de cousine dévouée à ennemie de Snow.

Cela reste pour moi un bon roman, que j’ai dévoré. Suzanne Collins a su mettre du suspense là où n’y en avait pas. En jouant sur le rendu final et la réalité, sur les personnages annexes à Haymitch et sur son personnage lui-même. Ce n’est pas mon tome préféré, mais je l’ai lu de bon cœur. L’histoire d’Haymitch m’a touchée, d’autant plus qu’elle met en perspective sa relation avec Katniss. J’ai eu de la peine pour d’autres personnages et fini par apprécier d’autres.

Certains fans demandent un livre du point de vue de Plutarch. Cela pourrait être intéressant de comprendre qui il est, mais je ne vois pas trop comment on pourrait le faire puisqu’il ne descend pas dans l’arène.

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